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de: Melchior Nsavyimana

Si plusieurs pays du continent africains sont connus à cause des guerres civiles, de la pauvreté extrême, de la dictature, de la corruption, le Botswana peut faire une exception du continent.
En effet, il s’agit d’un pays enclavé d’Afrique australe, en grande partie désertique riche en ressources diamantifères, peu densément peuplé avec une population avoisinant autour de deux millions d’habitants.

BotswanaÉconomiquement parlant, il est un des rares pays africains qui a connu l’une des plus fortes croissances au monde depuis les années 1960, grâce à l’exploitation de ses très riches ressources en diamants mais surtout grâce à la bonne gestion qui a caractérisé les dirigeants de ce pays depuis l’indépendance. Sur la croissance économique par exemple, pendant que le reste de l’Afrique a connu un taux moyen de croissance économique négatif de -0.3 % sur la période allant de 1965 à 1998, le Botswana a enregistré sur la même période un taux moyen de croissance de 7.7 %. Une performance qui était, à l’époque, supérieure à celle des tigres asiatiques qui ont réalisé des miracles de croissance économique au cours du dernier quart de siècle. Dans cette perspective, ce pays de référence pour l’Afrique a multiplié par 11 le niveau de vie de ses citoyens entre 1960 et 2007 selon le rapport de la Banque Mondiale de 2008.

Des experts de renommé international comme Daron Acemoglu, Simon Johnson et James A. Robinson ont été attiré par le modèle de développement de ce pays et leur conclusion mérite une attention particulière.

Dans leur article intitulé: «An African Succes Story: Botswana», paru dans les publications internes du MIT en juillet 2001, les auteurs affirment que le succès du Botswana est dû à la mise en place d’institutions appropriées capables de respecter et de faire respecter les règles de droit ainsi qu’à l’adoption de politiques économiques appropriées.

Une question fondamentale se pose alors: pourquoi ces institutions émergent au Botswana mais peinent à s’implanter dans le reste de l’Afrique. Les auteurs fournissent les éléments de réponse suivants: Le Botswana disposait des institutions précoloniales relativement inclusives qui établissaient et faisaient respecter les règles de fonctionnement de l’élite politique. Ces institutions inclusives œuvrent au profit de l’intérêt général contrairement aux institutions extractives vouées à la défense d’un groupe, d’une élite, d’un clan ou d’une caste qu’on rencontre dans la plus part des pays africains.

Botswana 2

En outre, si le diamant dont il est le troisième producteur mondial a joué un rôle important dans la performance économique du Botswana, il ne peut être tenu pour en être l’unique responsable. D’ailleurs, dans le reste de l’Afrique, on parle souvent de la malédiction des ressources naturelles. Malheureusement, dans les pays comme la RDC, soudan du Sud, Congo Brazzaville, etc plus riche en ressource naturelle que le Botswana, la disponibilité de ces ressources a généré beaucoup plus de problèmes qu’elle ne contribue à en résoudre.

A part sa prospérité économique et le niveau de vie élevé du peuple Botswanais, tous les indicateurs utilisés pour mesurer le progrès d’un pays donnent favori à ce pays.

En matière de bonne gouvernance, selon d’indice Ibrahim utilisé pour mesurer la bonne gouvernance dans le monde, le Botswana vient en troisième position sur le continent africain derrière l’Île de Maurice et le Cap Vert

Parlant de la stabilité du pays, selon l'Indice mondial de la paix 2014 (Global Peace Index /GPI 2014) publié le 17 juin par l'Institut pour l'économie et la paix (IEP), le Botswana est le 2ème pays le plus pacifique en Afrique derrière l’île Maurice et occupe la 36ème position sur le plan mondial.

En effet, le Global Peace Index mesure le niveau de paix dans 162 pays en prenant en compte 22 indicateurs qui permettent d’apprécier l’absence d’actes violents ou de la peur d’actes violents. Ces indicateurs sont répartis sur trois grands thèmes : le niveau de sûreté et de sécurité dans les sociétés, l’ampleur des conflits internes et externes, et le degré de militarisation de chaque pays. Plus l’indice global est bas, plus le pays est considéré comme étant pacifique.

Pour sa réussite démocratique, plusieurs analystes s’accordent que le succès du Botswana résulte d'une longue tradition de discussion et de recherche du consensus.

Botswana 3En effet, bien avant le protectorat britannique, les pouvoirs des Chefs traditionnels étaient en effet limités, et la vie des villages était gouvernée par la «Kgotla», c'est-à-dire l'Assemblée régulière des membres du clan, à l'ombre de l'arbre central du village, où les hommes de la communauté pouvaient discuter librement des décisions les concernant. La conservation de cette tradition par les autorités qui se sont succédé es a aidé à préserver la cohésion sociale et le développement économique et socio-politique de ce pays.

 

La valeur accordée aux chefs traditionnels dans le gouvernance actuelle témoigne la complémentarité entre les valeurs de la démocratie moderne et les valeurs traditionnelles des cultures africaines. Cette complémentarité se manifeste dans la mise en place par exemple d’une institution tout à fait originale au Botswana appelée «la Chambre des Chefs».

 

Il s’agit d’une institution composée par 15 membres dont 8 Chefs traditionnels (héréditaires) des principales tribus du Botswana comme le prévoit la constitution. Cette dernière a un rôle important pour toutes les décisions qui regardent la vie des citoyens (questions économiques, socio-politiques et culturelles). Les membres de la Chambre des Chefs peuvent également se saisir de tout autre sujet qu'ils estimeraient pertinent pour la vie de la Nation.

Pour arrive à ces résultats les différents analystes font noter que les autorités ont su maintenir et entretenir l’embryon de structure de service public hérité des Anglais après l’indépendance en garantissant une administration publique stable et compétente, basée sur la méritocratie, la lutte contre la corruption, l’efficience bureaucratique et la transparence. Le taux de transparence datant de 2016 par exemple s’élève à de 6,1 sur une échelle de 10 et fait du Botswana le pays le moins corrompu du continent africain.

La détermination et l’esprit de tolérance des leaders de ce pays, que Nelson Mandela considérait comme des «exemples», demeure une source d’inspiration pour les autres pays du continent et du monde entier. «Nous avons beaucoup à apprendre de vous», déclarait le leader sud-africain Nelson Mandela au peuple du Botswana.

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