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Opinions

Michal Siewniak

 

VOLONTAIRE ORIGINAIRE DE POLOGNE INSTALLÉ AU ROYAUME-UNI DEPUIS
2005, ancien élu local, Michal Siewniak nous livre son désarroi et ses inquiétudes face au risque d’isolationnisme de son pays.

Michal Siewniak

J’ai eu connaissance du résultat du référendum sur l’Union européenne en Grande-Bretagne par un
matin ensoleillé, à Rome, où j’assistais à une rencontre organisée pour les personnes engagées dans
la vie publique et civile par le Mouvement des Focolari, auquel j’appartiens depuis 20 ans. Plus de
trois ans se sont écoulés. Même si, en principe, le Royaume-Uni doit quitter l’Union européenne
dans les semaines qui viennent, l’impression qui demeure est que le “feuilleton” du Brexit ne se
terminera jamais et que l’Union européenne comme la Grande-Bretagne seront en proie à l’agitation
politique
pendant de longues années encore. Si l’on m’avait dit que le Royaume-Uni voterait pour la sortie de
l’Union européenne, je ne l’aurais jamais cru. Que s’est-il passé depuis ? Nous avons eu trois
Premiers ministres, des élections générales, un Parlement
incapable d’avancer d’un pouce sur la question, beaucoup de frustrations, des divisions au sein des
chambres du Parlement, dans notre voisinage et dans toute l’Europe… Les conséquences néfastes
du Brexit sur l’économie ont fait l’objet de
nombreuses discussions. Personnellement, je suis davantage préoccupé par ces divisions, ces débats
sans fin et souvent stériles, la haine attisée par certains politiciens et tant d’autres facteurs qui ont
contribué à créer une atmosphère de désunion et de désillusion. C’est comme si nous n’étions plus
du tout capables de nous écouter les uns les autres et de débattre
sereinement, de façon réfl échie, des problèmes qui nous affectent tous : la mondialisation, les
migrations et la crise des réfugiés. Si les conséquences du Brexit à long terme sur le Royaume-Uni
et sur l’avenir de nombreux citoyens européens sont aujourd’hui difficiles à prévoir, d’autant plus
que le Premier ministre souhaite mettre en place un “Brexit dur”, je sais que
cela pourrait signifi er la fi n de l’“Europe unie”.


UN PAS EN ARRIÈRE


Même si je m’efforce de comprendre ce qui a bien pu pousser les gens à voter pour la sortie de
l’Union, je suis contrarié qu’un pays aussi progressiste que la Grande-Bretagne, toujours prêt à
saisir n’importe quelle occasion de construire des ponts et à favoriser l’intégration, ait décidé de
faire d’une manière ou d’une autre un pas en arrière. Le Brexit a engendré de grandes incertitudes
chez beaucoup de citoyens de l’Union, y compris des personnes ne possédant pas la nationalité
britannique, comme moi. Souvent, je me demande ce qu’il adviendra de tous ces ressortissants qui
ont choisi de vivre en Grande-Bretagne. Nous sommes nombreux à être venus ici pour de bonnes
raisons. Serons-nous désormais considérés comme des “intrus” à cause de nos origines, sans aucune
considération pour ce que nous apportons ? Beaucoup de citoyens de l’Union ont déjà quitté le
Royaume-Uni et, à mon avis, cette tendance devrait se poursuivre, à plus forte raison si le pays
décide de quitter l’Europe sans accord. Vivre en Grande-Bretagne et pouvoir voyager librement a
été pour moi une grande chance. Le

Royaume-Uni m’a permis d’améliorer mes conditions de vie et mes connaissances en langues. Le
fait d’essayer de me joindre à la communauté locale m’a encouragé à entrer en contact avec
d’autres cultures et avec des personnes d’autres religions. Cette expérience a élargi mon horizon
pour faire de moi une personne plus tolérante et plus conciliante. Il y a environ un an, ma fi lle
aînée, Maria, a eu une journée de classe où l’uniforme n’était pas obligatoire. Notre Maria a décidé
de porter un corsage polonais et une écharpe croate. Ma femme vient en effet de Croatie tandis que
je suis polonais. Maria était très heureuse de s’habiller de cette façon car elle se sent fière d’être
britannique, polonaise, croate et, surtout, très européenne. Je lui ai demandé si cela la rendait
heureuse d’être issue d’un “mélange”. Sa réponse m’a vraiment fait plaisir : « Quand j’échange
avec mes amis, je précise toujours que papa est polonais, que maman est croate et de grands-parents
italiens (!) et que je suis née au Royaume-Uni. »


RECONSTRUIRE DES PONTS


En tant que membre actif de ma communauté locale et ancien élu local, je m’interroge presque
quotidiennement sur le rôle que je peux jouer aujourd’hui pour promouvoir la “culture du
dialogue”. Si l’on veut changer quelque chose, ne serait-ce qu’un détail à l’échelle locale, il faut
agir et amener d’autres personnes ayant des opinions semblables aux nôtres à rejoindre notre
“équipe”. Je suis intimement convaincu que nous devons nous engager bien davantage, et c’est
particulièrement vrai aujourd’hui, si nous voulons faire avancer notre démocratie et construire un
pays qui se mette au service de chacun d’entre nous. Selon moi, à l’heure où une grande apathie
règne et de nombreuses personnes se sentent déphasées et abandonnées, une meilleure
compréhension de la démocratie peut éveiller en nous le sentiment que nous sommes maîtres de
notre situation.
Juste après le référendum, un très bon ami nous a adressé ce mot : « À tous mes amis européens. Je
suis désolé de ce vote. Je vous aime comme avant. Vous êtes les bienvenus dans mon pays. Je
continuerai à encourager vos équipes de foot. » Trois ans après, j’en ai encore les larmes aux yeux.
Merci à tous ceux qui continuent, sans se décourager, à construire des ponts entre les personnes.
Dans l’esprit du Mouvement des Focolari et du charisme de l’unité, j’ai envie de conclure sur ces
paroles : mettons tout en oeuvre pour devenir des “jalons sur le chemin de l’unité“ et efforçons-
nous de trouver des solutions pratiques aux problèmes mondiaux qui nous affectent tous. ■


Michal SIEWNIAK
Traduit par Claire PERFUMO

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